La parole au Krakatoa

DUO VOIX-BATTERIE en hommage à l’oeuvre d’Aimé Césaire

NOTE D’INTENTION D’ISABELLE GRIMBERT

Des textes « coups de poing », mus à la fois par la colère, la révolte et la force vitale du chant, la « magie » de la poésie,

Colère contre la souffrance infligée transmuée en hymne à la vie, parce que c’est elle, la vie, qui doit être clamée et qui existe envers et contre tout, malgré les bourreaux qui semblent l’ignorer…

La poésie d’Aimé Césaire, c’est ce cri magnifique qui clame l’existence, la vie, le rire, la danse, les couleurs, les saveurs, l’amour, la nature et une culture dont il exprime toute la densité et toute la richesse dans une alchimie poétique aux images et à la musique d’une puissance bouleversante ;a_cesaire_photo_-_copie_291767-42

Un hymne à la vie canalisant toute l’énergie de la colère, de la révolte et de l’indignation dans une dimension touchant à l’universel, dans un élan de vitalité tellement communicatif et avec la distanciation d’un humour salvateur et tellement éloquent  pour révéler l’absurde !

La « magie » de la poésie nous emmène beaucoup plus loin que tous les discours théoriques dénonçant le colonialisme et l’aberration incroyable de l’asservissement de ses semblables ; la poésie, « c’est notre lieu de force », dit Aimé Césaire, c’est « comme un volcan qui émerge du chaos primitif ».

Puissance, liberté, existence clamée, contre l’enfermement, la servitude et l’ignorance de celui qui opprime.

Le rythme, « émotion première » pour Aimé Césaire, celui « jailli des profondeurs », ni celui qu’on fabrique, ni celui des mots, mais « sa plus profonde vibration intérieure », le « tempo de la vie, sa saccade » , nous a amenés à écouter chaque sursaut, chaque couleur, chaque mouvement et à suivre autant que possible le caractère libre et un peu sauvage de cette musicalité qu’on ne devait surtout pas enfermer dans un cadre codifié. C’est sans doute la raison pour laquelle nous avons exploré l’oeuvre et construit un parcours en conservant à notre interprétation une dimension d’improvisation, qui à la fois nous permet une écoute sans cesse renouvelée et attentive et nous oblige à rester dans cette liberté hors des grilles ou des partitions arrêtées.

– Le choix de ces textes pour moi parce que la poésie de Césaire est un chant charnel, vital et puissant, source de jubilation  absolue pour une chanteuse éprise d’aventures et de sensations fortes.

©David Gallard/CLACK

©David Gallard/CLACK

– La rencontre entre Florian, sa batterie et l’oeuvre de Césaire parce que le rythme représente pour Césaire « l’émotion première » et que l’instrument est à lui seul orchestre, donc polyphonique et propre à la diversité des couleurs ; parce que Florian rentre dans cette relation à la poésie qui fait  parler et chanter son instrument dans une connexion profonde avec ce cri de révolte et de liberté, la véhémence et la puissance qui s’y trouvent investies.

– Notre connivence profonde sur cette œuvre parce que sa magie nous  réunit comme instinctivement dans un même souffle.

                 Isabelle Grimbert

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